Inculpation provisoire d’assassinat
Article publié dans Le Mauricien du Aôut 5, 2006
La plupart des Mauriciens ont été choqués par le cas de cette jeune fille de 16 ans susceptible d’être condamnée pour crime d’assassinat pour avoir jeté son bébé de 28 semaines par une imposte de l’hôpital.
Elle : 16 ans, le père : 17 ans. Deux adolescents qui ont vécu une semaine traumatisante, leur histoire faisant les grands titres, médecins et policiers menant autour d’eux les enquètes que la situation exige. Il y eu comparution en cour de justice. La jeune mère a été remise en liberté, mais elle a dù verser une caution et doit dorénavant se présenter deux fois par semaine au poste de police de sa localité.
C’est une affaire qui n’est pas encore finie. Et quelle semaine d’enfer pour ces jeunes et pour leurs familles ! Quelle triste fin pour le bébé qui marquera, malgré tout, la mémoire de ses parents !
Combien de jeunes de 16 à 17 ans pourraient se retrouver dans une situation similaire ? ” On s’aime, on se donne l’un à l’autre, on a droit à la liberté de ses actes, notre vie privée ne concerne que nous seuls. Et pourtant les séquelles de ces rencontres peuvent s’avérer très lourdes. Dans ce cas précis, il s’agit d’un enfant qui est né; dans d’autres cas, cela peut-être les maladies sexuellement transmissibles ou pire encore le sida. Certains préconiseront qu’avec les préservatifs et les contraceptifs les risques sont évités, mais ils ne le sont jamais à 100%.
Voilà pourquoi les jeunes ont besoin d’un message fort et positif pour les inviter à se responsabiliser en étant conscients que les relations sexuelles précoces peuvent déboucher sur des situations qui vont hypothéquer leur avenir : un enfant qui s’annonce (qu’on le garde ou qu’on avorte), des maladies qui se soignent difficilement. La liberté sexuelle ne va pas sans risques. Les amours de jeunesse peuvent faire basculer les adolescents du jour au lendemain dans un monde très dur avec des séquelles qui les marqueront à vie.
La pratique des jeunes reflètent d’une certaine manière le laxisme qui prévaut : on couche avant, on se mariera peut-être après ; les couples se font et se défont ; les chiffres des divorces à la hausse ne sont que le sommet de l’iceberg par rapport au nombre de liaisons amoureuses, les grandes passions d’hier se transforment en haine ; rivalités et jalousies s’expriment par des colères et des agressions ; quand elles deviennent meurtrières, elles font de nouveau les grands titres.
Signes des temps. Et pourtant quel gâchis autour de l’amour. Que de drames, de blessures intérieures et de solitude !
La richesse de l’amour entre un homme et une femme capables de s’accepter mutuellement dans leurs différences ; la merveille de la vie humaine qui se développe dans la sécurité d’un couple déjà lié pour la vie ; tout cela constitue des assises solides pour que les enfants grandissent dans des familles où l’on sait être heureux au jour le jour.
Cette qualité d’amour se mérite. Et pourtant oser tenir ce langage par les temps actuels, c’est courir le risque d’être traité de ringard et de conservateur. L’amour qui dure et rend heureux a ses exigences. Les jeunes ont besoin de l’apprendre afin de ne pas se retrouver meurtris, livrés en pâture à la curiosité et aux rigueurs de la loi.
Combien sont prêts à se former pour éduquer à la beauté de l’amour conjugal et éveiller les jeunes à leurs responsabilités de devenir des adultes stables et épanouis ? Combien sont désireux de s’investir pour prévenir les grossesses précoces et enrayer la montée insidieuse du sida ? Quand fera-t-on de cette éducation à l’amour et à la vie une priorité ? Il y va pourtant de l’avenir de la vie familiale et du maintien de la paix sociale dans notre pays. D’être choqués ne suffit pas. Il faut vouloir réagir et s’investir.
Monique Dinan


