Quand les papas auront-ils accès aux salles d’accouchement dans nos hôpitaux ?
Article publié dans l’Express du 26 mai 2008
La Journée Internationale de la Famille de 2008 avait mis l’accent sur la place importante des papas dans la famille. Qu’en est-il de la place des papas mauriciens dans nos hôpitaux au moment crucial des accouchements ?
Un enfant se fait à deux; c’est la mère qui accouche mais il ne faut pas déresponsabiliser le père. Tout accouchement reste une expérience unique et inoubliable. Certains couples souhaitent le vivre ensemble. Cela est possible à la clinique mais rien n’est prévu à cet effet dans nos hôpitaux. Les futurs pères, même les mieux intentionnés, sont gardés à distance. Quand se feront les progrès dans ce domaine, comme cela se pratique déjà dans d’autres pays?
Des mesures pourraient être prises pour que les pères qui ont fait preuve de sérieux dans l’accompagnement de la future mère et qui ont l’aval de leur épouse aient la possibilité d’une présence, même momentanée, sur les lieux de l’accouchement. Tout en sachant qu’un accouchement n’est pas une occasion de voyeurisme et qu’il n’est pas, non plus question, de venir gêner le travail des infirmières.
L’enfant a autant besoin, dès sa naissance, de son papa que de sa maman pour trouver son
équilibre affectif et psychologique. Le fait de porter l’enfant crée des liens étroits entre la mère et son bébé, mais la présence du père lors de l’accouchement ne peut que venir renforcer la relation à trois. C’est à l’intérieur du triangle familial que l’enfant peut établir solidement ses racines et grandir à la vie.
A la naissance c’est le papa qui devrait, après la mère, être le plus présent auprès du bébé qui reconna
ît sa voix qu’il entendait déjà quand il était dans le sein maternel. Bébé le reconnaîtra à son toucher et à son odeur si son père le prend régulièrement. Ces premiers liens créent une connivence et une confiance entre le père et son bébé. Le sentiment paternel se consolide à travers ces échanges et l’enfant vivra mieux, par la suite, l’essentielle rupture d’avec sa mère.
De responsabiliser les pères servent aussi à consolider les liens au sein de la famille. Il faudra de la patience, du dialogue mais l’enfant appartient à ses deux parents et a besoin de chacun d’entre eux pour trouver son équilibre.
Trop de femmes éloignent malheureusement le père de leur bébé, croyant qu’elles seront bien mieux habilitées que lui à s’en occuper. Elles le renvoient à son travail et à ses activés.
Rendons aux papas la place qui leur revient.
Monique Dinan
P. S. Reproduisons cette suggestion du service médical anglais recommandant en 2008 que les pères aient la possibilité de passer la nuit aupès de leurs épouses qui viennent d’accoucher. ” Fathers should stay overnight in maternity-wards with their newborn babies and the babies’ mothers, according to a British pressure-group. The Fatherhood Institute said there was research to suggest that such behaviour was beneficial. [Telegraph 14 April] The midwives’ organisation commented: “The midwife’s primary role is to the mother and baby; however, we see the inclusion of the nuclear and extended family as key to supporting mothers and their children.” [Royal College of Midwives, 14 April]

